ISLA Conversations
Sexual Harassment and the Law: Race and Gender in the Mbenenge Tribunal
The Initiative for Strategic Litigation in Africa (ISLA) recently convened its latest instalment of its ISLA Conversations series. The conversation was titled “Sexual Harassment and the Law: Race and Gender in the Mbenenge Tribunal.” The event, held on Friday, 3 October 2025, brought together feminist legal scholars and advocates to unpack how race, gender, and power intersect in South Africa’s judiciary and in the public discourse surrounding the Mbenenge Tribunal.
It featured insights from leading feminist thinkers:
- Nicolette Naylor, Founder of Ubuntu Global Philanthropy & Gender Justice Consulting;
- Zethu Albanie, PhD Candidate (Sociology) at the University of Cape Town; and
- Dr Nompumelelo Motlafi-Francis, Postdoctoral Fellow at the University of Johannesburg.
The event built on ISLA’s previous Conversation on sexual harassment and further explored how structural inequalities manifest in both legal proceedings and media commentary.
In her opening discussion, “Setting the Foundation for the Discussion,” Nicolette Naylor examined the legal definitions and frameworks governing sexual harassment, tracing their historical and gendered dimensions. She highlighted the ways in which power differentials and institutional hierarchies continue to shape women’s access to justice, particularly within judicial spaces. She also surfaced how the “defence of culture” is uniquely invoked against Black women. Reflecting on this, she noted:
“Framing sexual harassment as a form of discrimination allows us to take a holistic perspective. Our arguments cannot only be on the basis of gender…we have to bring in the race and culture analysis in sexual harassment cases.”
In her session on “Deciphering the Manosphere,” Zethu Albanie dissected the misogyny underpinning both the Tribunal’s proceedings and the public commentary surrounding it. Drawing on African feminist thought, she challenged the normalisation of gendered violence and the ways in which the credibility of Black women complainants is systematically questioned. As she observed:
“Historically, Black women’s bodies have been treated as easily accessible. As a Black woman, when you come forward and speak up, you are treated as a suspect…this is a societal issue. There is a dismantling that needs to start at the fibre of society.”
In the final session, Dr Nompumelelo Motlafi-Francis deepened the conversation by examining the intersection of race and gender in the judiciary, exposing how Black women’s experiences and expertise are often erased or undervalued in both legal reasoning and expert testimony. Her reflections on the weaponisation of culture as a defence sparked a critical conversation on how patriarchal norms are cloaked in the language of tradition to undermine accountability. She stressed the importance of reclaiming these discussions at a community level:
“Our communities need to have these organic conversations. They need to see us as Black women and as people having conversations surrounding culture as a trump card. These are important conversations to show our communities that we are not simply importing ideas from abroad.”
The Mbenenge Tribunal has revealed deep-seated biases within our legal culture. Through ISLA Conversations, we are interrogating not just the law, but the social narratives that sustain inequality. These discussions are critical for transforming how justice is understood and practised on the continent.
The Conversation reaffirmed ISLA’s commitment to advancing feminist legal discourse and shifting narratives through strategic litigation, public dialogue, and research. Participants highlighted the urgent need to centre Black women’s voices and lived experiences in the pursuit of gender justice.
For more information, please contact:
Sibusisiwe Ndlela
Conversations ISLA
Harcèlement sexuel et droit : race et genre au tribunal de Mbenenge
L’Initiative pour les litiges stratégiques en Afrique (ISLA) a récemment organisé la dernière édition de sa série de conversations ISLA. La conversation était intitulée « Harcèlement sexuel et droit : race et genre au tribunal de Mbenenge ». Cet événement, qui s’est tenu le vendredi 3 octobre 2025, a réuni des juristes et des militantes féministes afin d’analyser les interactions entre race, genre et pouvoir dans le système judiciaire sud-africain et dans le discours public autour du tribunal de Mbenenge.
Il a donné la parole à des penseuses féministes de premier plan :
- Nicolette Naylor, fondatrice d’Ubuntu Global Philanthropy & Gender Justice Consulting ;
- Zethu Albanie, doctorante (sociologie) à l’université du Cap ; et
- Dr Nompumelelo Motlafi-Francis, post-doctorante à l’université de Johannesburg.
Cet événement s’inscrivait dans le prolongement de la précédente conversation de l’ISLA sur le harcèlement sexuel et a permis d’approfondir la manière dont les inégalités structurelles se manifestent à la fois dans les procédures judiciaires et dans les commentaires des médias.
Dans son discours d’ouverture intitulé « Poser les bases de la discussion », Nicolette Naylor a examiné les définitions et les cadres juridiques régissant le harcèlement sexuel, en retraçant leurs dimensions historiques et sexospécifiques. Elle a souligné la manière dont les différences de pouvoir et les hiérarchies institutionnelles continuent d’influencer l’accès des femmes à la justice, en particulier dans les espaces judiciaires. Elle a également mis en évidence la manière dont la « défense de la culture » est invoquée de manière unique à l’encontre des femmes noires. À ce sujet, elle a fait remarquer :
« Considérer le harcèlement sexuel comme une forme de discrimination nous permet d’adopter une perspective holistique. Nos arguments ne peuvent pas se fonder uniquement sur le genre… nous devons intégrer l’analyse raciale et culturelle dans les affaires de harcèlement sexuel. »
Dans sa session intitulée « Décrypter la manosphère », Zethu Albanie a disséqué la misogynie qui sous-tend à la fois les procédures du tribunal et les commentaires publics qui l’entourent. S’appuyant sur la pensée féministe africaine, elle a remis en question la normalisation de la violence sexiste et la manière dont la crédibilité des plaignantes noires est systématiquement remise en cause. Comme elle l’a observé :
« Historiquement, le corps des femmes noires a été considéré comme facilement accessible. En tant que femme noire, lorsque vous vous exprimez et que vous prenez la parole, vous êtes traitée comme une suspecte… c’est un problème de société. Il faut commencer à démanteler ce système à la base même de la société. »
Lors de la dernière session, le Dr Nompumelelo Motlafi-Francis a approfondi la conversation en examinant l’intersection entre race et genre dans le système judiciaire, révélant comment les expériences et l’expertise des femmes noires sont souvent effacées ou sous-évaluées tant dans le raisonnement juridique que dans les témoignages d’experts. Ses réflexions sur l’utilisation de la culture comme arme de défense ont suscité une conversation critique sur la manière dont les normes patriarcales sont dissimulées sous le langage de la tradition afin de nuire à la responsabilité. Elle a souligné l’importance de reprendre ces discussions au niveau communautaire :
« Nos communautés ont besoin d’avoir ces conversations organiques. Elles doivent nous voir comme des femmes noires et comme des personnes qui ont des conversations autour de la culture comme atout. Ce sont des conversations importantes pour montrer à nos communautés que nous ne nous contentons pas d’importer des idées de l’étranger. »
Le tribunal Mbenenge a révélé des préjugés profondément enracinés dans notre culture juridique. À travers les conversations ISLA, nous remettons en question non seulement la loi, mais aussi les récits sociaux qui perpétuent les inégalités. Ces discussions sont essentielles pour transformer la manière dont la justice est comprise et pratiquée sur le continent.
La conversation a réaffirmé l’engagement de l’ISLA à faire progresser le discours juridique féministe et à changer les récits grâce à des litiges stratégiques, au dialogue public et à la recherche. Les participants ont souligné la nécessité urgente de mettre au centre les voix et les expériences vécues des femmes noires dans la poursuite de la justice de genre.
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Sibusisiwe Ndlela